Case 03: Le passage Choiseul

Aujourd’hui, je reprends l’idée de L’arôme et la patine qui m’a suggéré de parler un peu d’un passage parisien. Véritables petits écrins de richesse et d’intimité dans la capitale, ces passages, hier estimés à plus de 100, aujourd’hui au nombre de dizaines, ils sont pour la plupart situés sur la rive droite, et dans le 2è arrondissement notamment, autour des rues Vivienne, Sainte-Anne ou Colbert. Pendant les fêtes de fin d’année, ils se revêtent de leurs plus beaux apparats et nous offrent un univers entre la féerie, le retour dans le temps, et une intimité due au lieu

J’ai choisi le passage Choiseul car c’est l’un des plus grands et des plus spectaculaires.D’abord par sa taille: 190 mètres de long, c’est une véritable rue qui est couverte d’une verrière: deux rangées de maisons le couvrent, et il s’étend de la rue des Petits-Champs à la rue Saint-Augustin, il est en fait la parallèle de la rue Sainte-Anne. Ensuite par son architecture: les murs de bois sont ornés, les arcades reposent sur des pilastres de marbre, les bulbes d’ampoules remplacent les anciennes lampes à gaz. Enfin pour son atmosphère la lumière qui traverse la verrière pénètre avec force mais en même temps avec douceur, ce qui créé cette intimité.

Sa construction est typique de ce premier XIXè siècle spéculatif et financier: la passage nécessite en effet la destruction de nombreux hôtels pour laisser place à deux pans de maisons alignées reliés par une verrière entre 1825 et 1827. Sa construction ne relève pas du hasard: l’architecte François Mazois puis Antoine Tavernier y a construit le passage sur ordre d’un riche financier qui veut faire de la spéculation, la banque Mallet pour attirer la riche clientèle de la rive droite. A proximité se trouvait l’ancien opéra de la rue de Richelieu, le Palais-Royal, on construit le long du passage un nouveau théâtre, celui de l’Opéra-Comique qui attire la foule et la riche clientèle. En fait, on peut considérer qu’il y a là les prémices des Grands Magasins qui vont naître non loin de là 80 ans plus trad, bâtis sur le même modèle de la vente, mais étendu cette fois à tout le monde. 

La postérité de ces passages est très variée: le modèle s’exporte en province comme à Nantes avec le célèbre passage Pommeraye en 1840; à Paris, les galeries couvertes protégeant de la pluie la riche clientèle disparaissent pour la plupart avec les grands travaux d’Haussmann au milieu du siècle. Heureusement, quelques passages ont survécu comme celui Choiseul, probablement sauvé grâce à l’oblicité de l’avenue de l’Opéra qui empêchait Haussmann d’appliquer son plan.Si aujourd’hui il n’a plus de Paris médiéval, sauf dans le Marais, le quadrilatère Sainte-Anne et son passage Choiseul est l’un des derniers témoins du début du XIXè siècle non remanié rive droite par Haussmann.

A demain pour une nouvelle case, n’oubliez pas de me proposez des petites idées comme L’arôme et la patine!

Publicités

Un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s