Case 06: Saint-Nicolas

Joyeuse Saint-Nicolas à tous! Et merci à L’arôme et la patine pour cette idée d’article, que je n’ai lu qu’hier soir, tard 🙂 Certains d’entre vous se sont certainement levés ce matin et ont découvert des friandises et des cadeaux devant la cheminée, à la place de la carotte pour le mulet d’un verre de mirabelle pour Saint-Nicolas, déposés hier soir. J’ai bien dit certains. Eh oui! La Saint-Nicolas est l’une de ces fêtes folkloriques et régionales encore existante aujourd’hui: celle-ci dans les pays germaniques, et l’Alsace et la Lorraine. Je me souviens encore de mes cours d’allemand où l’on attendait ce jour et les chocolats apportés par la prof, 19 jours avant Noël. Mais d’où vient cette fête, et notamment la légende de Saint-Nicolas?

Comme avec Dagobert hier, la légende a donné une chanson populaire, que tout enfant connaît dans l’est. La voici, juste pour le plaisir (c’est celle recueillie par Gérard de Nerval en 1842):

Il était trois petits enfants 
Qui s’en allaient glaner aux champs.

S’en vont au soir chez un boucher. 
« Boucher, voudrais-tu nous loger ? 
Entrez, entrez, petits enfants, 
Il y a de la place assurément.»

Ils n’étaient pas sitôt entrés, 
Que le boucher les a tués, 
Les a coupés en petits morceaux, 
Mis au saloir comme pourceaux.

Saint Nicolas au bout d’sept ans, 
Saint Nicolas vint dans ce champ. 
Il s’en alla chez le boucher : 
« Boucher, voudrais-tu me loger ? »

« Entrez, entrez, saint Nicolas, 
Il y a d’la place, il n’en manque pas. » 
Il n’était pas sitôt entré, 
Qu’il a demandé à souper.

« Voulez-vous un morceau d’jambon ? 
Je n’en veux pas, il n’est pas bon. 
Voulez vous un morceau de veau ? 
Je n’en veux pas, il n’est pas beau !

Du p’tit salé je veux avoir, 
Qu’il y a sept ans qu’est dans l’saloir.
Quand le boucher entendit cela, 
Hors de sa porte il s’enfuya.

« Boucher, boucher, ne t’enfuis pas, 
Repens-toi, Dieu te pardonn’ra. » 
Saint Nicolas posa trois doigts.
Dessus le bord de ce saloir :

Le premier dit: « J’ai bien dormi ! » 
Le second dit: « Et moi aussi ! » 
Et le troisième répondit :
« Je croyais être en paradis ! »

Cette chanson prendra tout son sens à la fin de l’article, mais d’abord revenons sur l’histoire de Saint-Nicolas et de sa légende. Saint-Nicolas est reconnu pour sa générosité, et ce avant même d’être évêque de Myre: autour de 290, il jeta pendant trois jours de l’argent a un père qui, dans la difficulté financière, devait vendre ses trois filles en esclaves pour se refaire. Nicolas permet ainsi à ce père de garder ses filles et d’éponger toutes ses dettes. Une fois évêque auprès du gouverneur de Myre en Turquie, il intervient en faveur de trois innocents pour les sauver de la décapitation. L’interprétation de ces faits, qui ont fait de lui un saint, vers le XIIè siècle en Occident donna la chanson populaire avec les trois enfants: on peut remarquer la similitude des trois personnes sauvées par Nicolas, mais aussi la générosité avec laquelle il le fait.

Cette légende actuelle est que trois enfants perdus la nuit frappèrent à la porte d’un boucher qui les invita à venir à sa table dîner. Or il les tua tous, les découpa en morceaux avec sa scie, et les mis en salaison pour en faire un « petit salé ». Sept ans plus tard, Nicolas aurait demandé à goûter ce salé et le boucher avoua tout: il ressuscita les enfants, et attacha le boucher sur son mulet, qui allait dès lors devenir le Père Fouettard, celui qui punit les enfants se comportant mal.

Mais pourquoi la Lorraine plus précisément? Tout commence avec la croisade au XIè siècle où le sieur de Varangéville dérobe à Bari  une relique de Saint-Nicolas, une phalange de sa main droite pour la rapporter en Lorraine, près de Nancy. Cette relique attira de nombreuses personnes, dont René d’Anjou en 1477 lors du siège de la ville par le duc de Bourgogne Charles le Téméraire. René demande la protection de Nicolas, et gagne le siège. En reconnaissance de cela, il fit construire la basilique de la ville, où l’on peut encore admirer cette phalange. Aujourd’hui encore Nicolas est très présent dans cette région et patronne de nombreux métiers. Une tradition qui, on l’espère, perdurera encore longtemps.

Publicités

3 commentaires

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s